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jeudi 19 février 2026

Adieux

 A M. Edgard Tinel

Au Chrétien



Encore un mot avant de t'en aller
Et puis au loin, tu peux laisser voler
                              Mon souvenir.

Oh ! Tu fais bien mon frère,
De consacrer ta harpe noble et fière,
Au Dieu puissant qui, d'un souffle divin,
Fit l'univers et l'humble genre humain
Au créateur, à l'immortel génie
Qui te donna le talent et la vie
Oh ! Tu fais bien d'aimer ce Dieu d'amour
De lui payer d'un généreux retour
L'immense don qu'il fit à ta jeune âme
De lui vouer cette divine flamme
Qui brûle en toi : l'amour de l'art.

                                                Chrétien !
Oh ! Laisse-moi te redire : C'est Dieu  ! 
                                       
                                     A l'artiste.
Et puis permets que je répète encore
Combien est beau ton jeu mâle et sonore ;
Combien sont pures, combien sont enivrants
Tes doux accords et tes suaves chants !
Combien surtout j'aime tes mélodies,
Echos touchants de ton cœur, voix chéries
Qui chantent Dieu, qui font songer au ciel,
Qui font goûter l'ambroisie et le miel
Oh ! Laisse encore de ton âme rêveuse
Sortir souvent cette voix amoureuse !
Artiste aimé, chante ! ton luth est d'or ;
Echo céleste, oh ! sonne et vibre encor !

                                            A l'ami !
Et maintenant que bien loin ta nacelle
Va fuir, hélas ! me laissant après elle,
Emporte au moins à cette heure d'adieu
Un souvenir, une fleur de ce lieu !
Qui sait, ami, si nous verrons encore
D'un gai retour briller la douce aurore ?
Qui sait si Dieu nous la ménagera
Et jusqu'à quand l'absence durera ?
Au moins parfois songe à l'humble poète
Qui gardera dans son âme discrète,
Près de l'ennui cette suave fleur :
Le souvenir d'un moment de bonheur.

Emma Coeckelbergh


1851 - 1921

Emma Coeckelbergh aussi connue sous le nom d’Emma Tinel, est une poétesse belge et l'épouse du pianiste et compositeur Edgar Tinel.

Coeckelbergh est née le 22 septembre 1851 à Anvers. Elle est le deuxième enfant de la famille de Franciscus Julianus Coeckelbergh et Maria Ludovica Paridaens. Le père était un commis itinérant de Puurs. D'Anvers, la famille a déménagé à Sint-Niklaas en 1871. Là, ses parents dirigeaient une usine textile. En 1878, la famille emménage à Temse, où le père est décède1879.

Âgée d'une vingtaine d'années, Coeckelbergh entra en contact avec Evariste Carrance, docteur en droit et poète français, né à Bordeaux, d'origine portugaise, il a été l'initiateur du « Concours poétiques à Bordeaux » et a laissé environ 100 œuvres : comédies, poésie, romans et chansons maçonniques. Ils correspondent et il y a un respect mutuel.

Ses poèmes montrent que Coeckelbergh était une jeune femme très sensible, romantique, mélancolique avec beaucoup d'empathie envers ses proches. Elle sympathise avec une orpheline (Console-toi), avec ses amis, avec sa sœur et son frère, avec les malades, réconforte les survivants (Petite sœur dormait, A la mémoire de mademoiselle Marie Lenaers ...). Elle s'est également inspirée du christianisme (Enfants, Priez ! La Religion et l'Amitié, A ma Reine ...). Dans de nombreux poèmes, elle décrit la nature qui l'entoure (Les Orages, Les Nids d'Oiseaux, Charmante Rose, Comme les Hirondelles ...).

En mai 1877, le recueil « Sentiers Perdus » fut publié avec préface d'Alphonse Le Roy, professeur à l'université de Liège et président de l'Académie royale de Belgique, chez Typographie de de Mlle M. Weissenhruch, Imprimeur du Roi, 45, Rue du Poinçon, 45, Bruxelles. 144 p.

Le recueil est dédié à Henri Conscience et comprend le poème "À Ma mère morte" (p. 7) avec lequel Coeckelbergh remporta une médaille de bronze au 16e "Concours poétiques de Bordeaux" le 15 juin 1876, ainsi que le poème "Dieu" avec lequel elle reçut une mention "très honorable" 17e en 1876 concours poétique.



Le musée Edgar Tinel possède un cahier (VAR015) contenant des poèmes et des morceaux de prose de Coeckelbergh, qui ont été publiés dans les journaux. Cela montre qu'elle a également écrit sous les pseudonymes « Manuel » et « SL ». Ce cahier contient également des poèmes manuscrits avec les ratures qui s'imposent.

Edgar Tinel avait vu le recueil de poèmes « Heures perdues » chez un ami et était si enthousiaste qu'il a mis en musique un certain nombre de poèmes. Ce sera son opus 5: « Quatre mélodies pour chant avec accompagnement de piano ». Pour les publier, il a demandé la permission du poète par lettre.

Coeckelbergh accepta et écrivit à Tinel que son nouveau recueil « Les Épines » sera publiée en 1875. Ils ont continué à s'envoyer des lettres et Edgar Tinel l'a invitée à un concert organisé par la municipalité de Sinaai. Il lui a envoyé les invitations à la maison et c'est ainsi qu'ils se sont rencontrés. Après le concert, Edgar Tinel a noté dans son journal : "J'ai trouvé la fiancée de mes aspirations, de mes rêves ; j'ai trouvé mon Emma!"

Après deux ans de fiançailles, ils se marient le 1er septembre 1877 et s'installent à Bruxelles. Emma Coeckelbergh et Edgar Tinel ont eu six fils. Après la mort d'Edgar Tinel (28 octobre 1912), Emma est restée avec ses fils Antoine et Paul. Le fils aîné Jef fut ordonné prêtre en 1903 et curé à la paroisse Notre Dame de Bon Secours à Bruxelles. Il est décédé 3 mois après Edgar le 18 janvier 1913 de tuberculose. Son fils Jan fut admis dans un « Sanatorium pour neurasthéniques » le 16 juin 1912, dont il fut libéré le 16 octobre 1912. Il devint médecin militaire pendant la première guerre mondiale. Il mourut à Geel le 26/11/1942. Nous ne savons pas grand-chose sur Franz, il n'était probablement plus chez Emma en 1912. Guido se maria le 11 juin 1912 et partit au Congo belge pour y occuper un poste de magistrat. Il y devint procureur général.

En décembre 1907, Emma Coeckelbergh était gravement malade, mais elle s'est rétablie. Elle est décédée à Ixelles, le 17 février 1921 à l'âge de 69 ans.

Source : Wikipédia

lundi 9 février 2026

Poésie Bouleversante





Si la poésie n'a pas bouleversé notre vie, c'est qu'elle ne nous est rien.
Apaisante ou traumatisante, elle doit marquer de son signe ;
autrement, nous n'en avons connu que l'imposture.

Andrée Chédid, Terre et poésie

samedi 27 décembre 2025

L'imagination et le Bonheur


Fable Allégorique.




L’Imagination, amante du Bonheur,
Sans cesse le désire et sans cesse l’appelle ;
Mais sur elle il exerce une extrême rigueur,
Et, fait pour ses désirs, il est peu fait pour elle.
Dans sa tendre jeunesse elle alla le chercher
Jusque dans l’amoureux empire ;
Mais lorsque du Bonheur elle crut approcher,
Le Soupçon, le jaloux Martyre,
La Délicatesse encor pire,
Soudain à ses transports le vinrent arracher.
Dans un âge plus mûr, du même objet charmée,
Au palais de l’Ambition
Elle crut satisfaire encor sa passion ;
Mais elle n’y trouva qu’une ombre, une fumée,
Fantôme du bonheur et pure illusion.
Enfin, dans le pays qu’habite la Richesse,
Séjour agréable et charmant,

Elle va demander son fugitif amant ;
Elle y vit l’Abondance, elle y vit la Mollesse,
Avec le Plaisir enchanteur ;
Il n’y manquoit que le Bonheur.
La voilà donc encor qui cherche et se promène.
Lasse des grands chemins, elle trouve à l’écart
Un sentier peu battu qu’on découvroit à peine.
Une beauté simple et sans art
Du lieu presque désert étoit la souveraine ;
C’étoit la Piété. Là, notre amante en pleurs
Lui raconta son aventure :
Il ne tiendra qu’à vous de finir vos malheurs ;
Vous verrez le Bonheur, c’est moi qui vous l’assure,
Lui dit la fille sainte ; il faut, pour l’attirer,
Demeurer avec moi, s’il se peut, sans l’attendre,
Sans le chercher, au moins, sans trop le désirer :
Il arrive aussitôt qu’on cesse d’y prétendre,
Ou que, dans sa recherche, on sait se modérer.
L’Imagination à l’avis sut se rendre :
Le Bonheur vint sans différer.

Catherine Bernard

1663 - 1712

Date/Lieu de naissance : 24 août 1663, Rouen, France
Date de décès : 6 septembre 1712, Paris, France

Catherine Bernard, dite Mademoiselle Bernard, née à Rouen le 24 août 1663 et morte à Paris le 6 septembre 1712, est une poétesse, romancière et dramaturge française. Elle est la première femme à composer une tragédie jouée à la Comédie-Française.

Elle est la première femme à composer une tragédie jouée à la Comédie Française (plusieurs autrices furent jouées au Théâtre Français ou à l'Hôtel de Bourgogne, avant la réunion des théâtres sous l'appellation de Comédie-Française, et Mlle Pitel de Longchamps y donna en 1687 une farce intitulée Le Voleur ou Titapapouf). Elle s'inscrit dans la seconde vague du courant littéraire de la Précosité, aux côtés de Mlle L'Héritier ou de Mme d'Aulnoy ses contemporaines.

L'œuvre de Catherine Bernard a été abondamment plagiée mais aussi volontairement oubliée, au point que des chercheurs ont pu parler à son sujet d''effacement, un traitement d'ailleurs infligé à d'autres autrices.

Née dans une famille protestante, elle s'installe à Paris avant l’âge de dix-sept ans. On a prétendu, notamment Voltaire dans le contexte du plagiat de son œuvre et alors qu'il n'en existe aucune preuve, qu'elle était proche de l'écrivain Fontenelle et du dramaturge Jacques Pradon. Elle publie son premier roman en 1680. Elle se convertit au catholicisme avant 1685, date de la révocation de l'édit de Nantes. C'est aussi la date de la rupture avec sa famille protestante. Dès lors Catherine Bernard vit de sa plume et se consacre entièrement à l'écriture. Elle compose deux tragédies, Laodamie et Brustus, qui sont représentées à la Comédie-Française, en 1689 et en 1691, qui représentent les meilleurs succès théâtraux de la fin du siècle.

Elle est couronnée par l’Académie française en 1691, 1693 et 1697 et obtient trois prix aux Jeux floraux de Toulouse. À partir de 1691, le roi Louis XIV lui fait verser une pension annuelle de 200 écus. Elle fréquente le salon de Marie-Jeanne L'Héritier de Villandon, nièce de Charles Perrault. Avec Riquet à la houppe et Le Prince rosier, elle est l'une des premières à créer des contes de fées, participant ainsi au renouvellement de ce genre littéraire. En 1699, elle fait partie de l’Académie des Ricovrati de Padoue, sous le nom de Calliope, l'Invincible. Elle cesse ensuite d'écrire pour le théâtre, sans doute à la demande de Madame de Pontchartrain, sa mécène. Elle abandonne toute activité publique. Elle continue cependant d'écrire des vers qu'elle ne publie pas.

Elle meurt dans la pauvreté en 1712. Selon son testament, elle lègue ses biens à son domestique.

"Défendre d'aimer à une jeune et jolie personne,
ce serait défendre à un arbre de porter des feuilles au mois de mai"

Source : Wikipédia

Soyez Bénis